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Le X, c’est tout une histoire -

Le X, c’est tout une histoire

A force de voir les histoires du porno. On en oubliait que le porno gay, lui-même, a une d’histoire. Rencontre avec René-Paul Leraton, sexologue, militant gay et coordinateur de la Ligne azur (ligne d’écoute pour les jeunes homos) et Didier Roth-Bettoni, critique de cinéma, journaliste (par ailleurs rédacteur en chef de "Illico") qui viennent de consacrer un ouvrage — "Gay porn" (pour René-Paul Leraton) — et un article — dans l’encyclopédie "Le cinéma X" (pour Didier Roth-Bettoni) — à ce sujet qui vous passionne tant.

Zoneros.com / Dossiersx

Le X, c’est tout une histoire

Mis en ligne le 22/08/2006

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> Un petit peu d'histoire



Toute histoire a un début. Alors de quand datent les premières mises en images des fantasmes qui, aujourd’hui encore, nous font rêver ? "Dès le début du cinéma, on trouve des films clandestins, explique Didier Roth-Bettoni : des films en super huit qu’on trouve dans certaines boutiques. On appelle cela des nuddies, un peu sur le mode des cartes postales présentant des effeuilleuses qu’on s’échange sous le manteau. Ces nuddies sont d’ailleurs aussi hétéros qu’homos. Puis, il y les variations cinématographiques du "Physic Pictorial" de Bob Mizer [des photos de culturistes dénudés, les premières images homoérotiques publiées aux Etats-Unis], puis le cinéma expérimental ou underground (Jean Genet en France et Kenneth Anger ou Andy Warhol aux Etats-Unis). A cette époque, il n’y a pas vraiment de représentations sexuelles explicites. Nous sommes uniquement dans l’allusif. La véritable irruption de la sexualité entre hommes, elle se fait au début des années 70 à la suite de l’apparition du hardcore hétéro."

Selon René-Paul Leraton : "Le premier film porno homo repéré date de 1920, c’est "Le ménage moderne de Mme Butterfly", mais la véritable éclosion du gay porn commence avec la diffusion en salles. C’est, en 1971, "Boys in the sand", le film de Wakefield Poole avec Casey Donovan en vedette." "C’est un énorme succès, ajoute Didier Roth-Bettoni, il sort dans une seule salle et réalise 100 000 dollars de recette en un mois, devançant même des films de Cassavetes ou Peter Brook. C’est un film qui a un public incroyable parce qu’il représente une liberté insensée. Au-delà de cet aspect, le film a le mérite d’installer très tôt certains types physiques masculins qui vont se décliner de façon très mécanique dans les années suivantes. En l’espèce, il y a le surfeur très beau (Donovan), le black, l’intello et le mec très musclé. Chaque spectateur, et c’est sans doute une des raisons du succès du film, peut y trouver son fantasme masculin. C’est très intéressant y compris cinématographiquement puisque chacun des aventures proposées est filmée de façon différente".

"En France, indique René-Paul Leraton, le premier film distribué c’est "Histoires d’hommes" ("Good hot stuff" de Jack Deveau, un des grands auteurs de l’époque) qui est arrivé quelques mois après "The devil in Miss Jones", un grand succès du porno hétéro d’alors.

> Hétéro VS Homo



Mais en fait qu’est-ce qui différencie vraiment le porno homo du porno hétéro ? Les pornos hétéros et homos ne répondent pas forcément aux mêmes critères ni ne jouent les mêmes rôles. Selon Didier Roth-Bettoni, "Au début des années 70, on trouve, tant dans le porno hétéro qu’homo, un vrai travail d’auteur. Il y a alors de vrais cinéastes qui pensent leurs films comme des pornos mais aussi comme des films de cinéma, ce qui n’arrivera plus par la suite. La grande différence entre les deux, c’est le traitement de l’homme. Dans le porno hétéro, l’homme est absent, réduit à sa seule fonction mécanique : baiser des femmes. La grande force du cinéma porno gay, c’est d’inventer le corps de l’homme à l’écran — même si on trouve dans quelques rares productions hétéros des scènes de cul entre mecs comme dans "Les bijoux de famille" avec la scène finale entre le fils de famille et le garde chasses. Dans le porno gay, le corps et le sexe de l’homme sont filmés dans une dimension de désir et, du moins au début, dans une perspective de revendication identitaire".

De la même manière, pour René-Paul Leraton, "Le sexe gay, au moins dans les débuts du porno, n’était pas présenté de façon aussi mécanique que dans le porno hétéro de l’époque. Certains réalisateurs comme Steve Scott, Joe Gage avaient une façon de filmer qui indiquait qu’ils aimaient ce qu’ils faisaient et surtout le corps de l’homme. Il y avait une approche très érotique qu’on retrouve un peu aujourd’hui avec Brian Brennan et le Latino Fan Club. Et puis surtout la différence, c’est que le porno gay a eu une fonction d’émancipation parce que notre sexualité était enfin représentée et d’une manière très positive, très saine. Dans mon livre "Gay porn", il y a une approche très générationnelle. Je fais partie de cette génération qui a vu arriver le porno. Ce qu’on voyait à l’écran, ce n’étaient pas des tarés ou des malades, donc nous n’étions pas des tarés ou des malades. Pour beaucoup de gays au début des années 70, voir de tels films, c’était une affirmation de sa sexualité et de sa valeur".
"Je pense que le fait que dans les années 70 le porno soit du cinéma et donc une consommation collective de l’image rendait les choses très différentes d’aujourd’hui où c’est la vidéo avec une consommation principalement individuelle qui domine. De fait, je ne crois pas qu’aujourd’hui le porno soit un outil d’émancipation" affirme Didier Roth-Bettoni.

> Emancipation ?

On va sans doute vous surprendre un petit peu, mais une question demeure, outre la satisfaction de fantasmes (ce qui n’est déjà pas si mal), Le X gay à quoi ça sert ? "Aujourd’hui, le porno est complètement entré dans la culture gay, indique René-Paul Leraton. Si cela n’a plus le même impact aujourd’hui, c’est parce que le contexte n’est plus le même. "Effectivement, nous sommes, au début X gay en France, juste après Mai 68. Tout arrive à une vitesse incroyable, indique Didier Roth-Bettoni. "Tout es remis en cause, explique René-Paul Leraton. Dans les films d’alors, on voyait des scènes tournées dans les bars gay, d’autres dans des Gay Prides. Le côté identitaire était très marqué. L’arrivée de la vidéo qui a quasiment coïncidé avec l’épidémie de sida change complètement les choses. D’abord sur le plan financier, on fait les films autrement. Cela a, par exemple, pour conséquence, la disparition des salles, car on ne venait pas seulement voir un film, on venait aussi pour ce qui se passait dans la salle. C’était un lieu de socialisation en quelque sorte, et ce d’autant que rares alors étaient les établissements gay, qui s’est un peu cassé".

> De l’art à l’industrie…



"Il y a eu plusieurs étapes, indique Didier Roth-Bettoni. Il y a les joyeuses premières années avec ses tentatives plus ou moins réussies de la part d’auteurs. Après, il y a cet incroyable couperet qu’est la loi sur le X en France. Cela va tarir les importations de X hétéro mais aussi gay. Une industrie va alors péniblement se mettre en place. Fin des années 7O, seules trois salles à Paris diffusent du porno gay. Et puis, l’autre grand tournant, c’est l’arrivée de la vidéo au début des années 8O qui va tout chambouler. On va de nouveau importer des films étrangers. De plus, cette technique est moins coûteuse. Enfin, la consommation peut se faire chez soi donc la diffusion est beaucoup plus grande et la consommation est différente puisqu’on n’est plus soumis au film mais qu’on soumet le film à sa propre volonté. Tout cela fait que les films vont forcément se transformer. Si on s’ennuie, on n’est plus obligé de regarder un film du début jusqu’à la fin… Conséquence : les films sont construits différemment".

"La fabrication des pornos, explique René-Paul Leraton, va présupposer ce que veulent les clients. Ils veulent du cul, peu d’histoires et pratiquement pas de préliminaires. Toute la montée du désir, de l’excitation, est cassée par un souci d’efficacité. Aujourd’hui, il y a une offre incroyable, une très grande diversité des types et des pratiques ".
"Cette spécialisation est assez récente, affirme Didier Roth-Bettoni. elle date de cinq à six ans. Cette démarche très fractionnelle du désir, de la sexualité dans le ciné porno pose évidemment question par rapport à la notion de communauté, d’identité gay. Cette identité gay qui s’est formée dan les années 7à autour du porno n’existe plus aujourd’hui. Aujourd’hui, chacun va chercher son truc. On ne cherche plus à se représenter en tant que gay mais en tant que barebacker, qu’amateur de pisse, de beau musclé, etc. Tout, c’est super compartimenté. Cela produit des minis communautés sexuelles au sein même de la communauté. La sexualité et le porno qui en est l’illustration n’est plus aujourd’hui un facteur unificateur de la communauté homo".

"Avant, comme on l’expliquait tout à l’heure, rappelle René-Paul Leraton. Tout était mélangé maintenant il y a des spécifications. Des maisons de production qui se sont spécialisées dans telle ou telle pratique, tel ou tel type d’acteur. Et puis sans connaître les excès qu’on voit dans le porno hétéro, on trouve les productions amateurs qui montrent des mecs de tous les jours dans des décors quotidiens. Parfois, c’est un peu crapoteux. D’autres fois, cela constitue une alternative aux productions calibrées des studios Falcon."

> Sida

Responsable de la Ligne Azur au sein de Sida Info Service, René-Paul Leraton est particulièrement sensible à la question du sida et de la prévention dans les films X : "Des acteurs, certains réalisateurs sont morts, cela a eu pour conséquence de faire apparaître des vidéographes qui étaient aussi et surtout des commerçants et des acteurs qui étaient payés pour "être gay". L’image du gay d’alors, c’était celui d’un séropositif, ce qui n’était pas très fantasmatique. Il fallait imposer d’autres modèles. L’épidémie de sida est coresponsable avec l’arrivée de la vidéo d’une espèce de standardisation des physiques, des pratiques et d’un renforcement des types sexuels (actif/passif). Enfin, même si cela a pris du temps, il y a eu le port de la capote dans les films. Une pratique très remise en cause aujourd’hui avec l’augmentation de films bareback. Je pense que l’épidémie de sida est co-responsable avec l’arrivée de la vidéo d’une espèce de standardisation, de normalisation des physiques, des pratiques avec, au final, moins d’imagination, d’érotisme. On peut constater que comme l’offre en pornos hétéros est assez forte sur la télé, les gens qui louent des vidéos qui font un peu de la surenchère en matière de violence, de fantasmes extrêmes, etc. L’offre en pornos gay sur la télé est très réduite donc on assiste moins à cette surenchère. La dérive est moins grande même si on constate la recrudescence des films bareback. C’est d’ailleurs un des enjeux de l’avenir dans ce secteur : la suppression de la capote dans les grosses productions. Cela existe déjà dans des maisons plus modestes. On va sans doute assister au même phénomène que pour la suppression des scénarios dans les films pornos. On nous explique que c’est une demande des spectateurs. On va aussi sans doute nous expliquer cela pour la capote. Nous n’en verrons plus au motif que les spectateurs le demanderaient. Ce qui reste à voir.".

> Censure

Menacé de censure, la situation du porno semble aujourd’hui aussi précaire que dans les années 70 : "C’est d’une hypocrisie et d’une débilité totales de vouloir nous faire croire qu’on tombe sur des pénétrations en ouvrant sa télé à 20 h 30, affirme René-Paul Leraton. Je constate que personne ne pointe le fait que si les jeunes regardent autant de porno et que cela prend une telle place pour eux, c’est parce qu’il n’y a rien d’autre sur la sexualité qui leur soit destiné à part des messages du type attention au sida, aux MST et aux grossesses non désirées. Il s’agit d’une démarche sécuritaire et ici, on est dans la sécurité morale".

Même tonalité chez Didier Roth-Bettoni : "Il est impossible en France de voir une image porno si ce n’est pas un acte volontaire. Si les ados regardent, c’est parce que les parents le veulent bien. Ce sont eux qui s’abonnent à des chaînes qui diffusent des pornos et ne retirent pas la clef ou la carte du décodeur pour en empêcher l’accès. Ce débat est un gage donné à des gens qui n’ont pas vu que Pompidou était mort. Il s’agit en fait des sucres d’orge sur les domaines qui sont leurs obsessions : domaine des mœurs, celui de la sexualité, celui de la liberté de représentation de son corps".

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DIDIER... À LA QUESTION
RENÉ-PAUL... À LA QUESTION
DEUX ESSAIS SUR LE X

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